1 févr. 2008

Dans quel état j'erre...

Ce texte marque la transition entre janvier et février. Il m'est venu en regardant une émission sur le bureau des Objets Trouvés de Paris (et aussi parce que j'habite dans le quartier et que dernièrement j'ai du indiquer le chemin à une douzaine de personnes - ça ne peut pas être juste une coïncidence...). C'est assez surpenant ce qu'on peut y trouver, et notamment tous les objets dont je me suis inspirés (si si c'est vrai!). Avouez qu'il y a de quoi en faire un poème!

Je me suis perdue et me suis retrouvé
Près de Georges Brassens - son parc,
Et sur une étagère des objets trouvés
Comment étais-je arrivée là, je ne saurai jamais,
Comme tous les autres objets que j’y ai rencontrés

Au cimetière des parapluies
Ombres sombres bien rangées alignées sur un présentoir
Oubliés et remplacés déjà par le dernier modèle noir
Une vague de chaleur soudain m’a envahie
Car voilà au détour de cette galerie
Insolite, éclatante et lisse comme un œuf
Posée contre le mur une planche de surf
Un trophée de l’été acquis à Paris-Plage
Ou du Surfer d’Argent transperçant les nuages
Hors donc cette solution le mystère éclaircit
Cette planche aussi lutte contre la pluie

Je me suis perdue et me suis retrouvé
Près de Georges Brassens - son parc,
Et sur une étagère des objets trouvés
Comment étais-je arrivée là, je ne saurai jamais,
Comme tous les autres objets que j’y ai rencontrés

Encore un peu sonnée par cette découverte
Mes pas m’entraînent vers le rayon des téléphones
Au milieu de la pile une symphonie résonne
« Tiens celui-là avait du goût » assure une voix d’outre-tombe
Un demi-tour un peu trop sec et voilà que je tombe
Nez-à-nez avec un crâne humain me semblant familier
« Hélas pauvre Yorik » t’es tu donc égaré ?
« Avoir une paix royale, ne l’ai-je point méritée ? »
« Loin de cette cacophonie grotesque, dormir et par chance rêver. »
« Les piles de ces engins durent-elles si longtemps ?
« Telle est la question » grinça-t-il entre ses dents

Je me suis perdue et me suis retrouvé
Près de Georges Brassens - son parc,
Et sur une étagère des objets trouvés
Comment étais-je arrivée là, je ne saurai jamais,
Comme tous les autres objets que j’y ai rencontrés

Plus très sûre de savoir qui j’étais dans cet endroit bizarre
C’est au rayon des portefeuilles que mes pas me guidèrent
Petits, grands, cuir, toile, plastique, marron, noir, rouge ou vert
Par taille et par couleur ils étaient tous triés
Le vert était tout seul, j’en devins intriguée
Je l’ouvris indiscrète et découvris un nom : Armant Princech.
Peut-être un nom breton…ma bouche devint sèche
Car en levant les yeux j’aperçus devant moi
Une robe de mariée si belle, qu’elle et moi
En quelques secondes nous ne formions plus qu’une
Valsant avec Princech Armant sous un rayon…de lune…

Je me suis perdue et me suis retrouvé
Près de Georges Brassens - son parc,
Et sur une étagère des objets trouvés
Comment étais-je arrivée là, je ne saurai jamais,
Comme tous les autres objets que j’y ai rencontrés

Aucun commentaire: